Un cahier des charges de site internet tient en cinq à dix pages pour une TPE, un artisan ou un commerce. Il répond à neuf questions : qui vous êtes, ce que le site doit rapporter, à qui il s'adresse, quelles pages il contient, quelles fonctions il offre, à quoi il ressemble, quelles contraintes techniques s'imposent, ce qui existe déjà, et avec quel budget et quel calendrier. Sans lui, chaque prestataire devine, et les devis se comparent mal.
Ce guide propose une trame prête à remplir, les erreurs qui font déraper un projet, et la façon dont le document change concrètement un devis.
À quoi sert un cahier des charges pour un petit site ?
Il sert à mettre noir sur blanc ce que vous attendez, avant que quelqu'un ne commence à travailler. Trois bénéfices concrets :
- Des devis comparables. Trois prestataires qui lisent le même document chiffrent le même périmètre. Sans document, l'un compte cinq pages, l'autre quinze, et l'écart de prix ne dit rien de la qualité.
- Moins d'allers-retours. Les questions arrivent avant le démarrage, pas à la livraison, quand modifier coûte du temps.
- Une référence en cas de désaccord. Ce qui est écrit fait foi : une fonction absente du document est une évolution, pas un oubli du prestataire.
Un petit projet n'a pas besoin d'un document de trente pages avec des diagrammes techniques. Il a besoin de réponses claires, écrites dans vos mots. France Num, l'initiative gouvernementale de transformation numérique des TPE et PME pilotée par la Direction générale des entreprises, publie sur francenum.gouv.fr des modèles de cahier des charges pour un site d'entreprise et estime que cinq à dix pages bien structurées suffisent à cadrer un projet de TPE ou de PME : l'exercice n'a rien de réservé aux grandes sociétés.
Que mettre dans le cahier des charges d'un site vitrine ?
Voici la trame en neuf parties. Pour chacune, une question à se poser et un exemple de réponse utile.
1. Présentation de l'entreprise et contexte
Activité, zone géographique, clientèle actuelle, ce qui vous distingue. Dix lignes suffisent. Ajoutez pourquoi vous lancez ce projet maintenant : premier site, refonte d'un site vieillissant, nouvelle offre.
2. Objectifs du site
C'est la partie la plus utile et la plus souvent bâclée. « Avoir un beau site » n'est pas un objectif. Préférez un objectif principal et deux secondaires, mesurables :
- recevoir des demandes de devis par le formulaire ;
- permettre la prise de rendez-vous en ligne ;
- apparaître sur Google pour votre métier et votre ville.
3. Cibles et parcours
Qui visite votre site, et que cherche-t-il ? Un particulier qui cherche un plombier en urgence ne lit pas comme un gérant de restaurant qui compare des prestataires. Décrivez deux ou trois profils et ce qu'ils doivent pouvoir faire en moins d'une minute : vous appeler, voir vos tarifs, consulter vos réalisations.
4. Arborescence et contenus
Listez les pages : accueil, prestations, réalisations, à propos, contact, éventuellement un blog. Pour chacune, notez qui fournit les textes et les photos. C'est l'un des premiers postes de retard : un site est souvent prêt techniquement des semaines avant que les contenus n'arrivent.
5. Fonctionnalités
Séparez trois niveaux :
| Niveau | Exemples | Conséquence sur le devis |
|---|---|---|
| Indispensable au lancement | Formulaire de contact, pages services, version mobile | Dans le prix de base |
| Souhaitable plus tard | Blog, avis clients, espace membre | Phase 2, chiffrée à part |
| Pas nécessaire | Fonctions « au cas où » | À retirer |
Cette seule distinction peut faire varier un devis de façon importante. Chaque fonction ajoutée (réservation, paiement, lien avec un logiciel de caisse ou de gestion) se chiffre séparément.
6. Identité graphique
Logo, couleurs, typographies s'ils existent. Sinon, joignez trois sites que vous aimez et un site que vous détestez, avec une phrase pour dire pourquoi. C'est plus parlant que n'importe quel adjectif.
7. Contraintes techniques et référencement
Nom de domaine et hébergement actuels (qui en détient les accès ?), outils à connecter, personne qui mettra le site à jour et son aisance avec l'outil. Côté référencement, listez les requêtes sur lesquelles vous voulez être trouvé et vos concurrents locaux. Un référencement de base (balises, structure, vitesse, plan du site) fait partie d'un site bien fait ; une stratégie de contenu suivie se prévoit à part.
8. Existant et migration
Pour une refonte : adresses des pages actuelles, pages qui amènent du trafic, contenus à conserver. Changer d'adresses sans redirections fait perdre le référencement acquis. Notre page sur la refonte de site internet détaille cette étape.
9. Budget, délais et modalités
Donnez une fourchette. Ce n'est pas se mettre en position faible : un prestataire sérieux vous dira si votre projet entre dans la fourchette, et à quel prix. Indiquez aussi les dates imposées (ouverture d'un commerce, salon, saison) et qui, chez vous, valide chaque étape.
Les obligations légales à prévoir dès le cahier des charges
Elles sont rarement écrites au départ et reviennent à la fin, en urgence. Cinq points distincts, à lister dans le document :
- Les mentions légales. Depuis la loi du 21 mai 2024, c'est l'article 1-1 de la loi du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'économie numérique (LCEN) qui les impose, après l'ancien article 6, III. Une société indique sa dénomination, son siège social et son numéro de téléphone ; le site nomme aussi le directeur de la publication et l'hébergeur (nom, adresse, téléphone). Ces informations sont accessibles au public dans un standard ouvert. Une boutique en ligne prévoit en plus ses conditions générales de vente.
- La politique de confidentialité. Dès qu'un formulaire collecte un nom ou un e-mail, le RGPD s'applique. Son article 13 impose d'informer la personne au moment de la collecte : responsable du traitement, finalité, durée de conservation, droits, possibilité de saisir la CNIL. La CNIL admet une information à deux niveaux : une mention courte près du formulaire, avec un renvoi vers la politique complète. Aucune durée unique n'est fixée pour un formulaire de contact : elle se justifie par la finalité. Pour la prospection commerciale, le référentiel de la CNIL de 2021 retient trois ans au plus après le dernier contact du prospect.
- Le bandeau de cookies. Selon la CNIL, les traceurs non indispensables demandent un consentement préalable, et refuser doit être aussi simple qu'accepter. Certains outils de mesure d'audience peuvent en être dispensés s'ils respectent les conditions fixées par la CNIL ; le plus sûr est de demander au prestataire quels traceurs le site dépose.
- L'accessibilité. Deux textes se superposent. Le référentiel général d'amélioration de l'accessibilité (RGAA) découle de l'article 47 de la loi du 11 février 2005 : il s'impose aux organismes publics, à certains organismes d'intérêt général et aux entreprises de plus de 250 millions d'euros de chiffre d'affaires, donc pas à une TPE. La directive européenne 2019/882 s'applique depuis le 28 juin 2025 aux services de commerce électronique destinés aux consommateurs, avec une exemption pour les microentreprises (moins de 10 personnes et au plus 2 millions d'euros de chiffre d'affaires). Un site vitrine d'artisan n'entre donc dans aucun des deux cas ; une boutique en ligne d'une PME qui dépasse ces seuils, si. Écrivez dans le cahier des charges si l'accessibilité est exigée.
- La propriété du site. La cession de droits d'auteur doit être écrite, chaque droit cédé étant mentionné distinctement, avec son étendue, sa destination, son lieu et sa durée (article L131-3 du Code de la propriété intellectuelle). Demandez que le contrat prévoie noir sur blanc ce qui vous revient : textes, images, code, accès. Faites aussi enregistrer le nom de domaine à votre nom, pour pouvoir changer de prestataire sans négocier.
Précisez qui rédige ces pages. Pour un point précis, rapprochez-vous d'un juriste : ce guide ne remplace pas un conseil juridique.
Un exemple de cahier des charges rempli, en miniature
Prenons un artisan fictif, un menuisier installé à Marseille, qui veut un site vitrine. Voici à quoi ressemblerait l'essentiel de son document :
- Objectif principal : recevoir des demandes de devis pour des agencements sur mesure ; secondaires : montrer ses réalisations, apparaître pour « menuisier Marseille ».
- Pages : accueil, trois prestations, galerie de réalisations, à propos, contact. Textes de l'artisan, photos de ses chantiers fournies à J-15 avant la mise en ligne.
- Fonctions au lancement : formulaire de devis avec photos jointes, boutons d'appel sur mobile. Plus tard : avis clients.
- Technique : domaine déjà réservé chez un registrar, accès à retrouver ; mises à jour par l'artisan, niveau débutant.
- Budget et date : fourchette indicative, mise en ligne souhaitée avant la rentrée.
Ce menuisier n'existe pas : l'exemple sert uniquement à montrer le niveau de détail attendu. Une page ou deux suffisent pour un projet de cette taille.
Cinq erreurs qui font déraper un projet
- Décrire des solutions plutôt que des besoins. « Je veux un slider » dit comment, pas pourquoi. Écrivez ce que le visiteur doit comprendre ou faire.
- Oublier les contenus. Textes, photos et logos en haute définition conditionnent le calendrier.
- Ne pas désigner de décideur. Quand trois personnes valident chaque écran, les délais s'allongent. Une seule personne tranche.
- Négliger la suite. Mises à jour, sauvegardes, correction de pannes : le site a un coût après la mise en ligne. Un budget annuel s'anticipe.
- Cacher le budget. Sans fourchette, le prestataire propose au hasard, trop cher ou trop léger.
Cahier des charges et prix : ce que ça change concrètement
Le document ne fait pas baisser le prix par magie : il le rend prévisible. À périmètre précis, un devis ferme remplace une estimation floue. Pour situer l'ordre de grandeur avant de rédiger, notre guide des prix d'un site internet en 2026 indique des fourchettes par type de projet : un site vitrine démarre à 1 500 € HT chez CZSyn, une boutique en ligne à 2 000 € HT, et un site vitrine simple est livré en deux à trois semaines. Ces montants sont des points de départ : votre cahier des charges permet de passer de « à partir de » à un chiffre précis.
Vous n'avez pas encore de document ? Le simulateur de devis site internet à Marseille pose les questions clés (type de site, nombre de pages, fonctions) et donne une première fourchette, sans e-mail à laisser. C'est une bonne manière de dégrossir avant de rédiger.
Faut-il passer par une agence pour rédiger le cahier des charges ?
Non. Vous connaissez votre métier, vos clients et vos priorités mieux que n'importe quel prestataire. En revanche, un échange de trente minutes avec le prestataire avant de finaliser le document permet de repérer les oublis techniques. Une agence qui travaille à distance, comme CZSyn depuis Marseille, peut le faire par téléphone ou en visio.
Questions fréquentes
Quelle longueur pour un cahier des charges de site vitrine ?
Entre cinq et dix pages pour une TPE, souvent moins pour un site de quelques pages. L'essentiel est que chaque partie réponde à sa question, pas de remplir des pages.
Un cahier des charges est-il obligatoire ?
Non, aucune loi ne l'impose. Mais sans lui, le devis repose sur des hypothèses, et chaque hypothèse fausse se paie ensuite en avenants ou en retards.
Qui doit le rédiger, le client ou le prestataire ?
Le client rédige ses besoins ; le prestataire les reformule, les complète techniquement et les chiffre. Les deux versions se confrontent avant la signature du devis.
Puis-je modifier le cahier des charges en cours de route ?
Oui, tant que la modification est écrite, chiffrée et validée par les deux parties. Une demande orale est vite oubliée, une demande écrite se planifie.
Passer du document au devis
Rédigez une première version en répondant aux neuf parties, même brièvement, puis envoyez-la à deux ou trois prestataires. Si vous voulez un chiffrage de votre projet sur cette base, vous pouvez nous écrire pour décrire votre projet : réponse sous 24 h, devis sous 48 h.
Sources
- France Num (Direction générale des entreprises), « Modèles de cahiers des charges pour un site internet d'entreprise », mis à jour en mai 2026, francenum.gouv.fr
- France Num, « À propos de France Num », francenum.gouv.fr
- Légifrance, article 1-1 de la loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'économie numérique, créé par la loi n° 2024-449 du 21 mai 2024, legifrance.gouv.fr
- Règlement (UE) 2016/679 (RGPD), article 13, informations à fournir lorsque des données sont collectées auprès de la personne concernée, 2016, legifrance.gouv.fr
- CNIL, « Cookies et autres traceurs : que dit la loi ? », cnil.fr
- CNIL, délibération n° 2021-131 du 23 septembre 2021 portant adoption d'un référentiel relatif à la gestion des activités commerciales, cnil.fr et legifrance.gouv.fr
- Référentiel général d'amélioration de l'accessibilité (RGAA 4.1.2), « Rappel du champ d'application », article 47 de la loi n° 2005-102 du 11 février 2005, accessibilite.numerique.gouv.fr
- France Num, « Accessibilité des sites de e-commerce : quelles obligations ? », fiche pratique de décembre 2025 sur la directive (UE) 2019/882, francenum.gouv.fr
- Légifrance, article L131-3 du Code de la propriété intellectuelle, transmission des droits de l'auteur, legifrance.gouv.fr
- CZSyn, « Combien coûte un site internet en 2026 ? », czsyn.com
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